Rencontre avec Alexis Vaillant, fondateur d'AlterFood qui propose une alternative de consommation avec des marques de boissons qui respectent les agriculteurs, notre santé et la planète ! 

Que cultivez-vous ?

J’ai un problème dans ma vie, c’est que je ne sais rien faire de mes dix doigts donc je cultive à la fois le corps et l’esprit. Un esprit sain dans un corps sain !

Citez toutes vos boissons en 15 secondes ?

On va faire par ordre chronologique : Infusion, Marcel Bio, Bahia, Hugo le Maraîcher, Tensaï Tea, Leamo, One Water et Coffee Ride… J’en ai peut-être oubliée une…

Entreprise à mission ?

Une entreprise à mission c’est une entreprise engagée. C’est l’ADN de la boîte. Il n’y a pas besoin d’avoir un label « entreprise à mission » pour être une entreprise à mission. J’ai créé cette boîte en 2009 avec l’idée de la responsabilité sociale et environnementale. Et je pense que c’est l’entreprise du 21e siècle qui est automatiquement une entreprise à mission.

Quel problème avec les boissons industrielles ?

Globalement pas de traçabilité, trop de sucres. Le constat de départ, il est sur les boissons et l’alimentation en général. Quand je commence en 2009, il n’y a rien de correct sur le marché. Aujourd’hui, ça a bougé. Nous on a toujours véhiculé la santé par l’alimentaire. Et on continuera toujours sur cette idée de transparence, de traçabilité et de bienfaits pour la santé.

C’est qui Njomza ?

Njomza, c’est ma responsable qualité. C’est le garant de ma politique RSE et c’est la garant de la qualité de mes produits. Elle travaille toute l’innovation produit avec moi, tout le développement produit, toutes les normes et les règles que l’on doit respecter. Elle apporte aussi le côté un peu plus formatage notamment de la politique RSE. Ce n’est pas que des mots, c’est des actions by the book. C’est le respect de certaines normes et de contrôles que l’on fait régulièrement et qu’elle suit avec attention.

Vous êtes proche des producteurs ?

Je suis très proche des producteurs de fruits et de légumes avec qui je travaille. Pour la petite histoire, j’ai notamment investi dans deux unités de productions. Une qui s’appelle La Conserverie de Provence qui est à Saint-Andiol et l’autre qui s’appelle See Bio à Perpignan. Deux unités de production en association avec les producteurs bio d’Occitanie, avec la volonté de maîtriser l’intégralité des flux, notamment de matières premières. 

On s’est engagés auprès de la ferme du Cantou pour pouvoir assurer la traçabilité et la transparence totale des ingrédients des soupes Marcel Bio.

Vous valorisez les produits de la terre ?

On valorise quasiment tous les produits de ces producteurs. 100% des légumes cultivés à  la ferme du Cantou sont utilisés chez Marcel Bio. 

La valorisation du terroir on n’a pas attendu la marque du consommateur pour la faire. Cela a toujours été une politique chez Alterfood que de dire qu’on paie au juste prix les fruits et les légumes, voire parfois plus cher. On n’a pas attendu les lois anti-gaspillage pour utiliser des fruits et légumes non calibrés. La réalité c’est que l’industrie utilise des fruits et légumes non calibrés. On n’a pas attendu ces choses-là pour valoriser d’un côté le travail des agriculteurs qui est un fait et qui est une nécessité. Pour avoir des bons produits, il faut des bons agriculteurs, des agriculteurs heureux. Et ni pour valoriser des fruits non calibrés dans la mesure où it makes sense.

Il existe Marcel ?

Marcel, Marcel Bal. C’est mon père agricole spirituel. C’est une rencontre extraordinaire en 2012. C’est lui le fondateur de la Conserverie de Provence, c’est le fondateur de la Ferme du Cantou. C’est mon ami et c’est quelqu’un avec qui j’échange énormément, quasiment au quotidien et quelqu’un pour qui j’ai énormément d’estime. C’est un monsieur qui se lève à 4h30 du matin tous les matins, qui est à la ferme de 5h à 7h, qui ouvre l’usine à 7h, qui est à l’usine, qui retourne à la ferme. Et qui, encore hier soir j’étais au téléphone avec lui, était entrain de ramasser nos butternuts à 20h30, c’est un garçon extraordinaire !

Vos boissons vont de la terre à la table ?

C’est quelque chose qu’on a toujours valorisé :  la terre à la table. La terre, ça commence par les saisons, par récolter des légumes et des fruits de saisons, les transformer ou les garder au bon moment. Au moment où ils sont cultivés. Le parcours part de la ferme, va à l’unité de transformation. Exemple, sur Marcel Bio la butternut, la patate douce est cultivée à 3,1km de l’unité de transformation. Arrivée à l’unité de transformation, elle est dans un premier temps, transformée d’une manière, d’une partie solide à une partie liquide. Puis, elle est ou pas potentiellement embouteillée. Ensuite de quoi elle est stockée, enfin elle est, comment dire, dirigée vers nos entrepôts de Rungis, stockée dans nos entrepôts de Rungis, préparée, envoyée chez nos clients pour aller in fine dans l’assiette du consommateur final.  

Portrait d’Alexis Vaillant

Et le sujet de la consigne ?

On en parle, c’est un grand projet chez nous. Je travaille sur l’idée d’une unité de production Paris Intra Muros ou proche banlieue pour produire l’intégralité de nos boissons en soft en mixeur. Et l’idée de mettre la consigne au goût du jour, c’est un projet qu’on travaille depuis  2 ans, notamment avec la région Île-de-France et une autre région, que je ne peux pas citer pour l’instant, avec cette idée de faire des bons produits, des produits bio, des produits légers en sucre, des produits qualitatifs, de livrer nos clients, de récupérer les produits, de nettoyer les bouteilles et d’être dans un espèce de cercle vertueux. Je pense que la consigne n’aurait jamais dû être enlevée de France, je pense que la consigne marche très bien en Allemagne, marche très bien aux États-Unis. Ce qui est important, c’est pas la problématique de l’emballage, c’est la problématique de la réutilisation de l’emballage et j’y crois très fort ! 

Ce qui me dérange, c’est quand on fait de la consigne pour se dire qu’on fait de la consigne, c’est-à-dire qu’à un moment donné, on va livrer des bouteilles de verre dans une zone et puis des bouteilles vont être renvoyées à des milliers de kilomètres. Je ne citerai pas de nom, mais il y a une marque allemande qui est présente sur le marché français qui essaie de valoriser la consigne alors qu’elle renvoie toutes ses bouteilles en allemagne, il faut savoir qu’en terme d’empreinte carbone, ce qui pèse le plus dans l’analyse de cycle de vie d’un produit, c’est le transport donc c’est pas du tout correct de valoriser d’un côté la consigne et de renvoyer ses bouteilles à des milliers de kilomètres. En tout cas, ce n’est pas quelque chose que je défends. 

Quelle serait la boisson rêvée ?

Oh la boisson rêvée, elle existe, c’est Tensaï Tea, c’est un produit léger, très peu sucré, bon pour la santé, proche de l’eau, pas trop fruitée, pas trop sucrée, extrêmement agréable dont on peut boire des litres. 

Vous savez qu'on commence à produire du thé en France ?

Ouais, je suis pas spécifiquement pour. Je pense qu’il faut cultiver les ingrédients sur leurs terres d’origines. Il ne faut pas non plus essayer de faire des choses qui ne suivent pas la nature, qui ne suivent pas, comment dire, l’ordre naturel des choses. On cultive beaucoup de choses et très bien en France. Laissons le thé là où il est cultivé, ça ira bien pour tout le monde. 

Vous avez bu quoi au réveil ce matin ?

De l’eau, l’eau c’est la vie !

Un lieu à nous faire découvrir ?

La montagne, ma montagne, La Haut-de-Savoie, Megève, l’été surtout ! La montagne l’été, c’est extraordinaire. Je vous invite à aller découvrir les Alpes et particulièrement le Massif de Rochebrune à Megève qui est assez extraordinaire.

Et pour cultiver le lien, une personne ou un collectif à nous conseiller pour une prochaine interview ?

Marcel Bal, on en a parlé, je pense qu’il faut aller le voir, il faut aller à la ferme du Cantou. Il faut voir cet homme, il est extraordinaire, il est plein de vie, plein de courage et ça peut être un modèle pour beaucoup de monde. 

Quel regard portez-vous sur PAïSAN ?

Bah en fait je trouve ça assez extraordinaire parce que je pense qu’on manque de médias, on manque de pouvoir montrer ce qu’il faut faire. Il y a beaucoup de choses qui sont dites, très peu de choses qui sont montrées. Je pense qu’il est important de montrer et je pense que le changement, c’est pas une ou une autre personne, c’est la multiplication des actions qui prônent le changement qui feront le changement et j’espère que PAïSAN jouera un rôle incontournable dans cette mouvance. 

Quelle question avons-nous oublié de vous poser ?

Je pense que t’aurais pu parler de l’importance des Hommes, avec un grand H, on aurait pu dire des Femmes, des hommes-femmes. Dans une entreprise comme chez AlterFood, je pense que je sens le groupe qu’on a aujourd’hui, les 35 collaborateurs et indirectement, les 70 personnes qui travaillent directement ou indirectement pour AlterFood qui n’ont rien??? C’est le richesse de cette entreprise, je le dis souvent, c’est les produits et les Hommes et on a beaucoup de chances chez AlterFood d’être entourés d’une entreprise de gens courageux, valeureux et volontaires.

Donc, cultivons le lien ?

Ah Cultiver le lien, ça me parle, je suis un amoureux de la terre, tu sais moi j’ai passé mon enfance en Haute-Savoie. Je suis un amoureux de la terre, je pense qu’il est nécessaire de revenir à ça. Bien entendu on ne peut pas nourrir des populations aussi grande que celle de la France sans transformer, sans industrialiser mais à un moment donné, il faut se poser les bonnes questions et bien mettre en valeur et la Terre et les Hommes et je pense qu’on sera tous en meilleure santé. 

Vous pouvez visionner l’interview de Alexis Vaillant
sur notre chaine Youtube ou notre chaîne IGTV

Cultiver le lien en retrouvant Alexis Vaillant sur son site : alterfood.fr ou sur Instagram : @alterfood