Elle récupère des chutes de tissus pour des créations uniques et originales ! Nous avons rencontré Charlotte Khosla, créatrice de CHUT.E.S, un projet tout récent mais très inspirant !

Votre prénom et nom ?

Je m’appelle Charlotte Khosla, première du nom !

Que cultivez-vous ?

Je cultive la récup, la créativité, et voilà, c’est déjà bien !

Quand est née CHUT.E.S ?

CHUT.E.S est née en octobre dernier, donc c’est plutôt récent. C’est un projet qui s’est fait petit à petit, de manière informelle au départ. Ça a pris une substance à ce moment quand j’ai lancé la page Instagram et créé la marque.

PAïSAN rencontre Charlotte Chut.e.s

Les tissus qui mènent à la création, ou l’inverse ?

Ça dépend ! Je suis plutôt dans une démarche de réfléchir à des créations et de voir ensuite quels tissus peuvent faire l’affaire dans ce que j’ai. Mais il arrive que ce soit dans l’autre sens. Disons que ce n’est pas un processus figé. En ce moment, j’ai des échantillons magnifiques de tissus d’ameublements anciens qui me poussent vers le patchwork, que je ne faisais pas vraiment avant.

Quelle est l’histoire de CHUT.E.S ?

Depuis quelques années, la couture c’est quelque chose qui me parle, que je faisais un petit peu dans mon coin en fonction des tissus que je pouvais trouver dans les placards. Petit à petit, je faisais pour moi, puis pour des amis. Arrivée à un moment, on m’a encouragée à passer à l’étape supérieure et je me suis lancée pour toucher un public un peu plus large.

Comment avez-vous commencé la couture ?

Je ne suis pas née avec le don de couture, mais assez jeune ! La première fois que ma mère m’a appris à utiliser la machine à coudre, c’était pour coudre les rubans sur mes chaussons de danse quand j’avais six ans ! Après, ça a été plus pour faire des déguisements dans le cadre de carnavals au collège, donc c’est assez jeune en tout cas que j’ai appris à coudre.

PAïSAN rencontre Charlotte Chut.e.s

Combien de temps pour faire une banane ?

J’ai vraiment du mal à estimer le temps que je passe pour une pièce, mais c’est autour d’une heure, une heure et demi de travail sur une banane.

Ça ressemblerait à quoi une banane pour PAïSAN ?

Vous devez sûrement avoir des chutes de tissus, et ça serait sûrement super intéressant de les réutiliser pour faire des bananes, avec les petits PAïSAN brodés ! Ça peut être sympa !

Et l’organisation d’ateliers ?

J’y pense de plus en plus ! Je le fais en ce moment dans le cadre de mon service civique en ressourcerie. Avoir touché à ça me donne envie de transmettre !

PAïSAN rencontre Charlotte Chut.e.s
PAïSAN rencontre Charlotte Chut.e.s

Les tissus proviennent tous de chutes ?

Oui ! Tous les tissus que j’utilise dans mes créations sont des chutes de tissus. Pour la mercerie, j’essaie dans la mesure du possible de me fournir en ressourcerie, mais il y a des choses très spécifiques que je fais acheter neuves.

Vous les trouvez où ces chutes ?

En fait, mes premiers stocks de chutes viennent de mon entourage. Ce sont les tissus de ma grand-mère ou de ma mère qui traînaient au fond des placards, qu’elles n’utilisaient pas. Et petit à petit, de plus en plus de personnes autour de moi qui entendaient parler de mon activité, pensaient à ce qu’ils avaient au fond de leurs placards qu’ils n’utilisaient pas. Maintenant que j’ai un besoin un peu plus important dirons-nous, j’achète aussi des tissus en ressourcerie, mais ça reste de la seconde main.

PAïSAN rencontre Charlotte Chut.e.s

Votre regard sur l’industrie du textile aujourd’hui ?

Il est assez radical. Parce que c’est la deuxième industrie la plus polluante. Elle détruit l’environnement, les hommes, et va de plus en plus vite, on a beaucoup entendu parler de la fast fashion. C’est une question assez importante pour moi, et je vois CHUT.E.S comme un projet un peu militant dans ce sens là pour promouvoir la récup, la seconde main. Quand j’achète, je n’achète pas un seul vêtement neuf, parce qu’il y a aussi de la surconsommation en seconde main, c’est une question qu’il ne faut pas éviter. Sans rentrer dans les détails de cette industrie mortifère, il y a vraiment de gros soucis à ce niveau là. Même les marchés de la seconde main sont complètement saturés. Les associations ne peuvent pas toujours tout vendre ou récupérer, et de grandes parties vont finir en décharge, exportées, ou sur les marchés locaux, en détruisant les filières artisanales locales. Je pourrais en parler très longtemps !

PAïSAN rencontre Charlotte Chut.e.s

Votre objet du quotidien ?

Ce n’est pas vraiment un objet, parce que ce sont des êtres vivants à part entière, ce sont mes plantes ! J’ai besoin de m’entourer de plantes et j’ai besoin de cette petite vie ! Elle est assez inspirante au quotidien !

Un lieu à nous faire découvrir ?

Dans la droite veine de ce que je fais moi, c’est la Textilerie, dans le 19ème à Paris. C’est une asso qui travaille exactement sur la question du textile et de la surconsommation. Ils ont un petit espace friperie, où ils vendent des vêtements en seconde main et des tissus avec un impact environnemental intéressant. Ils travaillent aussi avec des ateliers chantiers d’insertion sur la production de quelques pièces. C’est aussi un lieu de vie qui propose des ateliers couture pour apprendre à réparer etc.

Un lien vers une personne ou un collectif pour une prochaine interview ?

Je peux vous conseiller une superbe jeune créatrice de bijoux : BJX, qui est un peu dans ma démarche, dans le sens où elle chine des petits bijoux vintage dont elle réutilise quelques unes des pièces pour en faire des bijoux un peu plus au goût du jour. Très joyeux, très coloré, je vous la conseille. Elle s’appelle Emma de Bouchony, @bjx.20_20 si vous voulez la trouver sur Instagram !

Cultiver le lien en retrouvant CHUT.E.S sur Instagram : @chut.e.s