Rencontre avec une designer d'objets et de mobilier engagée.

Que cultivez-vous ?

Des tomates, des poivrons, des piments, plein de bonnes choses pour cet été. Et sinon, je suis designer mobilier et objet de formation. J’ai fait l’École d’Art et de Design de Saint-Etienne et je suis diplômée depuis 2016. Je me suis directement lancée en freelance à Paris.

Puis je suis venue m’installer à Orléans, où j’ai décidé de travailler en accord avec mes valeurs. J’ai beaucoup travaillé avec les artisans bamboutiers de Déambulons sur du mobilier et de l’architecture comme par exemple la grande canopée qu’ils sont en train de construire en ce moment à Terra Botanica, le parc d’attraction d’Angers.

Quelles sont vos activités principales ?

Mes activités principales sont le design de mobilier et d’objet pour des maisons d’édition. Par exemple, des concours, des appels à projets avec des paysagistes et d’autres designers. Et de l’illustration pour des magazines comme Garden_Lab, dont voici l’infographie faite pour le N° 9, avec Véronique Mure sur l’histoire de la classification des plantes.

Comment créer plus de lien entre les travailleurs des champs et les designers ?

J’ai commencé à réfléchir à ce sujet pendant mon mémoire de fin d’études en 2016, qui s’intitule « Cultiver la terre, les nouvelles logiques du design dans les petites exploitations agricoles alternatives ». De nombreux designers, entreprises et asso travaillent avec des agriculteurs pour les accompagner dans la création de leurs propres outils. Par exemples – on peut en citer plein : Mathieu Grosche avec son Bicitractor, Flore Lacrouts- Cazenave et son Toutilo, etc. Mais à part cela, je remarque que le lien entre les travailleurs des champs et les designers peut aller beaucoup plus loin. On peut parler d’architecture, d’art, de design culinaire pour venir enrichir le terroir par exemple. De mise en valeur des produits fermiers par de la communication ou par du mobilier spécifique. Pour en savoir plus, je vous invite à aller écouter le podcast de Laure Choquer de Dessin Dessein. Elle m’interroge spécifiquement sur le sujet.

Photographie : Louise Rué

Photographie : Louise Rué pour PAïSAN

C’est quoi un « radeau de lecture » ?

Un « radeau de lecture » c’est du mobilier urbain que j’ai développé pour la ville de Joigny en 2020 dans l’Yonne.
Le « radeau » est une boîte à livres dans laquelle les passants peuvent prendre ou déposer des livres gratuitement. Et pouvoir se reposer à l’ombre d’un arbre. Pour la réalisation, j’ai souhaité travailler uniquement avec des artisans locaux. J’ai été accompagnée pour cela par Atelier Tac, qui est un atelier de menuiserie et de micro-architecture. Il travaille à partir de réemploi à Orléans.

Un objet de votre quotidien ?

Je dirais ma souris d’ordinateur parce que je passe beaucoup de temps sur mon ordinateur. Ou alors peut-être tous mes stylos pour faire mes recherches et mes dessins.
Ou encore peut-être ma collection de pots de fleurs que je chéris beaucoup.

Un lieu à nous faire découvrir ?

Dans mon petit village où habitent encore mes parents, Charly en région Lyonnaise, il y a un beau parc nommé le Domaine Melchior Philibert. Il est détenu par une ancienne famille de marchands de soie et aujourd’hui racheté par la mairie. J’y ai fait du théâtre pendant une dizaine d’années et aujourd’hui, je participe à l’organisation d’une foire aux plantes dans les jardins. Et depuis tout juste un an environ, le CRBA – Centre de Recherches en Botanique Appliquée – s’est installé et va réaménager tout le site. Je vous laisse en savoir un peu plus sur leur travail qui vaut vraiment le détour. Ils font de la recherche en agriculture pour demain.

Une personne ou un collectif à nous conseiller pour une rencontre ?

Je dirais les éditions Salamandr, qui sont un éditeur de mobilier et d’objets à Lorient. Ils travaillent autour du lin et du chanvre. Nous travaillons actuellement ensemble sur trois mobiliers d’ailleurs.

Quelle question avons-nous oublié de vous poser ?

Avez-vous entendu parler de la grande vente de dessins de designers Design for Life organisée par la galerie The Art Design Lab ? Tout l’argent des ventes sera reversé aux hôpitaux pour lutter contre le Covid-19. J’ai mis en vente sur le site
plusieurs dessins, en collaboration avec Laurence Saugé de Boutures d’objets, sur de la recherche en capuchons de parfums éco-conçus à partir de matériaux innovants. Je vous laisse découvrir tout cela sur le site de The Art Design Lab jusqu’au 31 mai.

Vous pouvez visionner l’interview de Louise Rué
sur notre chaine Youtube ou notre chaine IGTV

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Cultiver le lien en retrouvant Louise Rué sur son site : louiserue.fr ou sur  son Instagram : @louise_rue.