Des objets, une designer, des lieux. Flora Koel est designer exploratrice. Elle cherche les réponses aux besoins avec ce qui l’entoure et dans la nature. Le design local devient un jeu entre la nature et son métier.

Que cultivez-vous ?

Le design d’objets et d’installations éphémères. Mais je cultive le lien, comme PAiSAN, car mon travail est un mélange de rencontres permanentes desquelles émergent des projets.

Sur votre CV il est écrit “Design extérieur avec peu d’outils”.

C’était pour moi un challenge de réussir à travailler dehors avec peu d’outils avec moi. Je voulais voir comment je me confrontais à la nature et comment j’y revenais. L’idée était de pouvoir porter les choses que j’emmenais sur place. Je me déplaçais à vélo avec un petit sac à dos, de quoi couper, attacher et peut-être faire un marquage, sans être un Robinson Crusoé. Mais plutôt un désir de créer un concept dans la Nature, marquer le passage d’un humain qui pense à un usage et qui veut y répondre sur place avec la nature et peu de choses.

Une définition du design local ?

Pour le projet Terra, j’ai créé une table témoin de son processus de création, elle a été faite dans le sol avec les matériaux naturels autour, la terre, les cailloux, l’eau et séchée par le vent. J’ai juste apporté du plâtre. C’est le rapport avec le territoire qui fait lien. C’est dans ce sens là que je lie le design à la notion de local. Un jeu entre la nature et mon métier.

Le Design Urbain peut-il être végétal et durable ?

J’avais eu l’idée de développer du mobilier urbain avec le reste des arbres qui sont coupés, et créer ce circulaire : s’asseoir sous un arbre, sur un banc créé de ses branches.

paisan flora koel

Le prochain projet ?

OLA ! C’est un objet qui va être édité et commercialisé en mars prochain par l’entreprise Bilum qui travaille sur l’upcycling et fabrique du plastique recyclé à Paris à base de bâches de bateau. C’est un tube dans lequel se rangent les deux autres formes que l’on peut remplir de sable. Le sac devient coussin, le berlingot pour s’adosser et le troisième pour s’asseoir. J’emprunte ce sable le temps d’une après-midi, sur place. C’est le rapport entre la nature qu’on respecte et la matière qu’on récupère.

Et l’expo “A Voté” ?

C’est un projet papier. C’est une collaboration avec Alexandre Echasseriau pour la Mairie de Paris et la Ville de Vincennes, et avec l’Upclyclerie pour revaloriser le reste des papiers électoraux des municipales de 2020. J’ai proposé du mobilier (tabourets, bancs et socle pour gel hydroalcoolique) et des ateliers pour enfants. Tout cela à partir de 18 mètres linéaires de feuilles A4 et des sacs de papiers déjà utilisés !

paisan flora koel
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C’est l’idée du design durable ?

Il n’y a pas de définition, c’est la diversité qui fait que le design peut être durable. si on fait tous la même chose, ça ne marche pas. chacun doit adopter une démarche qui lui est propre, en respectant les matériaux, la nature. Mon principe de design durable est de ne pas arracher des choses à la nature.

Designer exploratrice ?

J’ai imaginé un projet avec les cannes de provence. J’ai travaillé sur place et courbé les cannes pour les maintenir au sol, sans les couper. J’en ai récupéré quelques-unes au sol que j’ai travaillées en atelier et je suis revenue avec du textile et de la peinture. Mon passage était marqué par la couleur. Le banc a été installé avec des picots en métal. J’interviens ponctuellement et de manière plus manifeste qu’avec des produits ou objets. Mais c’est à proposer pour des parcs naturels, des ateliers ou sous forme de kit pour rendre accessible et partager.

Explorer les solutions ?

Tout à fait, je me mets dans une condition “je ne sais pas grand chose alors je vais dehors et qu’est-ce que je découvre.” Ce n’est pas naïf mais primaire.

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Le bois, la terre, le papier, le tissu sont les sources ?

Cela va dépendre de l’endroit où je suis. L’idée est de ne jamais prendre du neuf mais du naturel ou du réemploi.

Tous ces objets ont l’âme de leur matériau ?

Ils ont l’âme d’un processus et de faire.  Je voulais être en action et comprendre ce qu’il y a autour de moi. Être celle qui fait.

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Un objet de votre quotidien ?

Je fabrique l’objet de mon quotidien en fonction de mon besoin et de ce qui m’entoure.

Votre regard sur PAïSAN ?

Je le trouve hyper riche et c’est ce genre de projet qui doit se développer de plus en plus. Il faut donner du sens à tout. Ce qui est essentiel dans votre démarche c’est que tout est logique. Il y a une transparence, une réflexion sur un matériau poussé au maximum, c’est local, les gens sont valorisés, c’est top !

Un lien pour une prochaine itw ?

Bilum, pour le local et la créativité.

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Cultivez le lien en retrouvant Flora Koel

sur Instagram @flora.koel.studio ou sur son site florakoel.fr