Rencontre avec le créateur des Jardins des Thorains, spécialisé dans la permaculture.

Que cultivez-vous ?

Nous, on cultive la biodiversité ! Avec Aurélie, mon épouse, avec qui on a créé le jardin, on est des gourmands au départ. Ce qui nous intéresse c’est la diversité et faire pousser des dizaines et des dizaines de légumes et de plantes aromatiques et médicinales différentes. Petit à petit, on est en train de monter un conservatoire vivant sur les variétés naturelles et reproductibles.

Quels sont les principes clefs de la permaculture ?

Nous, on suit l’éthique de la permaculture. C’est à dire les trois fondements : économiser l’énergie, économiser l’énergie humaine et répartir équitablement l’abondance que nous propose la nature. Mais la permaculture ce n’est pas un métier. Nous, notre vrai métier c’est horticulteur et maraîcher.

Vous proposez des variétés anciennes, naturelles et reproductibles ?

Nous, en gros on est contre le brevetage du vivant. On est contre l’accaparement des richesses naturelles et du coup on ne fait que des variétés naturelles et reproductibles, dites anciennes.

Mais nous, on préfère les appeler naturelles car on ne met aucun intrant et elles ne sont pas traitées. Et reproductibles, car quand vous achetez des plans ou des graines chez nous, vous pourrez les reproduire chez vous et cela participe aussi à l’échange, au partage et au principe de la permaculture.

Vous avez combien de variétés de tomates ?

Sur les tomates cette année, on en proposait 50 sur notre catalogue de plans et on va en cultiver à peu près 150 pour pouvoir les proposer en tant que légumes et puis les reproduire pour la semence. Donc on a les traditionnelles, de la différente Cœur de Boeuf à la Noire de Crimée et à la Marmande.

Et après, on a des petits trésors comme l’Evergreen ou la Black Cherry. Plein, plein, plein de choses qui sont pour nous des bonbons ou des gourmandises en fait.

Et votre basilic préféré ?

On en a huit ou douze variétés cette année ! Pour Aurélie c’est le grec et pour moi c’est le basilic Marseillais. Et pour une fois on est à peu près d’accord tous les deux pour dire que le Grand Vert, le Genovese qu’on voit partout n’est pas celui qu’on préfère.

Photographie : Le Jardin des Thorains PAïSAN©

Vous organisez aussi des ateliers ?

Alors oui, vu que l’éducation populaire et la transmission sont très importantes pour nous, on fait des petits ateliers semis et rempotages que ce soit pour les enfants mais aussi pour les adultes.

On fait des formations semences, on fait plein plein de choses dans les écoles et puis on organise aussi des portes ouvertes. On en a eu deux l’année dernière, qui ressemblent un peu plus à un festival. Un festival paysan, bio, d’éducation populaire, festif et gourmand !

Comment acheter vos produits ?

On fait de la vente à la ferme. C’est important de développer le monde rural, donc on fait de la vente à la ferme le vendredi et le samedi toute la journée. Ensuite, on fait des paniers, on fait des livraisons, on travaille avec des petits supermarchés ou des petites épiceries locales.

Du coup, il y a toutes les infos sur notre Facebook ou sur notre site Internet. Il ne faut pas hésiter à nous contacter si il y a des besoins particuliers. Parce que là, on veut vraiment développer la petite épicerie et la petite jardinerie locale et biologique.

Vous faites aussi des sirops ?

Oui, on a plusieurs activités. On fait des légumes, on fait des plans, de la semense, on fait de la transformation et on fait des animations. Donc c’est Aurélie qui est chargée de la transformation.

Et en gros, ça va du coulis de tomates au ketchup, en passant par les sirops de basilic ou les gelées de piments. Et voilà, elle s’amuse avec ses petits trucs de sorcière, comme je les appelle.

Pour cultiver le lien, une personne ou un collectif à nous conseiller pour une prochaine itw ?

Pour la prochaine interview, il faut aller voir la famille Loubet, qui est aussi notre mentor vis à vis des semences, qui sont une grande famille dans la semence libre et dans les semences naturelles en France. Ils sont à Beaune, pas très loin de chez nous.

Quelle question avons-nous oublié de vous poser ?

Et bien si ça va et si on a le moral ? Du coup avec le confinement on a beaucoup, beaucoup travaillé. On est ultra-motivés car il y a beaucoup de nouveaux clients qui se tournent vers le bio, en direct vers les producteurs, vers le local ! En plus il y a plein de gens qui arrivent pour s’installer comme paysans.

Et ça, ça donne vraiment beaucoup d’énergie ! Ça nous motive ! Je pense que les territoires et les territoires ruraux vont vraiment changer dans les années qui viennent.

Vous pouvez visionner l’interview de François Bientz
sur notre chaîne Youtube ou notre chaîne IGTV.

Photographie : Le Jardin des Thorains PAïSAN©

L’homme est-il aussi important que la terre ?

Pour nous, c’est important de faire du lien : du lien intergénérationnel, du lien entre paysans, entre acteurs du monde rural.

C’est pour cela que l’on fait aussi de l’éducation populaire, qu’on fait aussi des animations parce qu’on veut transmettre, on veut échanger, on veut planter des petites graines dans la tête des gens pour qu’ils soient eux-mêmes acteurs du changement et de l’avenir de la planète et de l’agriculture.

Le choix de l’emplacement de son site est primordial ?

Nous, on a pas eu vraiment le choix. C’est à dire que c’est le premier terrain qu’on nous a proposé. On venait au départ pour l’autonomie, suite aux lectures de Pierre Rabhi et des Colibris. Il a fallu qu’on s’adapte à notre environnement, ce qui est super intéressant aussi.

Bio et intensif, c’est possible ?

Alors nous, on s’inspire aussi d’un Monsieur qu’on adore qui s’appelle Jean-Martin Fortier qui a créé un petit peu ce concept il y a une dizaine d’années. Nous, son bouquin on l’a adoré, on l’a dévoré !

Et en fait, il va falloir aussi penser un petit peu au rendement pour nourrir tout le monde, pour sortir de l’industrialisation, pour sortir des machines.

Il va falloir des humains et du coup de l’artisanat, des paysans de famille comme les appelle, Jean-Martin Fortier. Du coup, on essaye de combiner les deux avec l’éthique de la permaculture.

Vous croyez à la multiplication des micro-fermes ?

On le voit, cela commence à changer ! On le voit avec le confinement déjà. Les clients sont vraiment demandeurs ! C’était incroyable la demande que l’on a pu avoir ! Et là, ça commence vraiment à s’installer dans le coin. Il y a des activités différentes, il y a plein de gens différents qui arrivent.

Et là, voilà, La Puisaye qui est une région magnifique dont on est tombés amoureux, et bien ça commence à bouger, en bio, en artisanal. Et ça, ça nous fait bien plaisir !

Vous êtes des acteurs du changement ?

Nous, je ne sais pas si on est bien placés pour le dire si on est acteur, mais en tout cas on voulait faire notre part. Participer au changement, c’est aussi se prendre en main, se responsabiliser. Et du coup, ben voilà, on a décidé de s’installer comme horticulteurs et comme maraîchers.

Un objet de votre quotidien ?

Alors vu que je viens du milieu du spectacle, il y a un objet qui me suit partout parce que je suis un peu le chargé de maintenance sur la ferme. C’est un Leatherman ! Un petit coucou aux copains du spectacle !

C’est un outil que j’ai tout le temps sur moi, qui fait couteau, tournevis, pince. Il me suit partout et il m’aide tous les jours et plusieurs fois par jour.

Un lieu à nous faire découvrir ?

Alors c’est Le Liseron Marie, qui est à Champcevrais. C’est Brigitte et Christian Baqué, qui sont nos mentors sur les plantes aromatiques et médicinales, qui sont des puits de savoir. Et du coup ils sont en train de monter un jardin pédagogique chez eux. Il faut y aller, c’est magnifique !

Photographie : Le Jardin des Thorains et la permaculture PAïSAN©

Cultiver le lien et aprenez en plus sur la permaculture en retrouvant Le Jardin des Thorains à Lavau (89) ou sur leur site : lejardindesthorains.com ou sur facebook : @lejardindesthorains