Rencontre avec Éric Haddad qui travaille la sérigraphie textile dans son atelier de Bagnolet. Il nous parle de son métier et de sa passion pour les abeilles.

Que cultivez-vous ?

La sérigraphie. La sérigraphie textile.

Où sommes-nous ?

Nous sommes dans un atelier de sérigraphie. Il a été créé il y a une bonne quinzaine d’années. Nous nous trouvons à Bagnolet, une petite banlieue de Paris.

C’est quoi la sérigraphie ?

La sérigraphie c’est assez vaste, mais nous, essentiellement sur le textile, c’est une impression sur textile.

Quelles sont les différentes étapes de la sérigraphie ?

Tout d’abord il y a un dessinateur qui crée le dessin. Ensuite, on le reproduit sous forme de films, après on intègre le film en cadre comme un système de flashage photo. Le dessin devient un cadre par la suite, qu’on imprime, c’est une sorte de tamis, comme un pochoir.

Vous nous présentez votre machine ?

C’est un carrousel d’impression. Celui-ci, celui qui est derrière moi, a huit couleurs. C’est à dire qu’on peut imprimer des dessins sur huit couleurs, ce qui est logique et chaque poste est égal à une couleur.

La sérigraphie, c’est aussi une forme d’art ?

Oui c’est une forme d’art dans le sens où l’on crée des dessins, on crée des couleurs, on modifie les couleurs. On travaille beaucoup pour le prêt-à-porter féminin pour lequel on propose nos dessins. Alors oui en effet, c’est une forme d’art.

À l’atelier Sérigraphie de Paris, Bagnolet (93) par PAïSAN©

Y a-t’il un savoir-faire textile à Bagnolet ?

Disons que les locaux sont à des prix raisonnables et du fait que le textile en France est un milieu très difficile. Même si ça commence à revenir gentiment, mais très gentiment et c’est la raison pour laquelle on doit avoir des locaux pas très chers pour que nos frais fixes soient au minimum pour pouvoir s’en sortir.

Vous avez beaucoup de clients qui font des petites quantités ?

Pas spécialement. Le but c’est d’avoir de la qualité, si on fait de la qualité et peu de quantité, automatiquement cela se développe et on aura plus de quantité par la suite.

Quelle encre pour l’impression de La Poche PAïSAN ?

Alors c’est une encre sans phthalate. Une encre à solvant mais sans phthalate, toutes nos encres n’ont plus de phthalate car on est dans les normes européennes.

Quel regard portez-vous sur le projet PAïSAN ?

C’est très bien. C’est un petit développement, c’est très très bien. Justement, il devrait y en avoir plus comme ça. C’est une matière en plus qui change un peu de tous les autres sacs et totes bags. C’est très bien en lin, naturel, français. C’est super, continuez !

Une difficulté pour l’impression sur le lin ?

J’ai quand même trente ans d’expérience, donc de la difficulté peut-être pas ! Mais c’est sûr que chaque matière a une impression bien spécifique. Du fait que la maille soit assez grosse sur le lin, il faut un cadre qui corresponde au tissu.

Éric Haddad dans son atelier de sérigraphie textile par PAïSAN© 

Ça fait quoi de sérigraphier son propre prénom ?

Ça fait toujours plaisir, c’est toujours agréable.

Vous êtes aussi apiculteur ?

C’est une passion qui est là depuis une bonne dizaine d’années. J’ai quelques ruches, cela me déconnecte en sortant du travail, en se faisant piquer un peu de temps en temps mais pas trop souvent heureusement ! Et puis c’est très intéressant. Les abeilles c’est vraiment très intéressant.

Plus de miel en Ville qu’à la campagne ?

Plus de miel je ne pense pas. Ce que je peux dire c’est qu’en campagne, il y a beaucoup de problèmes. Les pesticides détournent et tuent les abeilles.

L’avantages des endroits urbains, c’est qu’il n’y a pas de pesticides mais il n’y a pas non plus suffisamment à manger pour toutes les abeilles, alors c’est aussi l‘inconvénient.

Moi où je suis installé, c’est une petite banlieue parisienne. C’est un jardin bio, un terrain qui a plusieurs hectares et là je me sens pas trop mal.

Historiquement c’est un terrain de maraîchers ?

Oui tout à fait, c’est un terrain qui est non constructible, alors maintenant c’est des associations, et j’ai récupéré un petit bout pour m’occuper de mes abeilles.

Quel lien entre ces deux métiers ?

Pas spécialement, au contraire, ce n’est pas plus mal de couper, carrément, entre le métier de sérigraphe et le côté apiculteur, récolter son miel, le distribuer, c’est toujours agréable et c’est très enrichissant.

Un objet de votre quotidien ?

Mon couteau-pince qui me sert autant pour la sérigraphie que pour l’apiculture. Et j’ai une autre passion encore, une troisième passion. Je suis branché un peu vieilles motos et je suis tout le temps en vieille moto, c’est aussi un objet.

Un lieu à nous faire découvrir ?

Oui, ces terrains où l’on se retrouve à une porte de Paris et en fin de compte, on peut se croire en province sans un bruit, sans rien. Et le matin de bonne heure, on peut regarder un peu, il y a des renards qui passent, il y a des animaux qu’on ne voit pas tous les jours.

Et pour cultiver le lien, une personne ou un collectif à nous conseiller pour une prochaine interview ?

Les jardins des Bordes, c’est une association qui s’appelle Relocalisons qui se trouve à Chennevières dans le 94.

Rendez-vous à l’ouverture de l’Atelier PAïSAN le 3 septembre ?

Avec grand plaisir, bien sûr !

Vous pouvez visionner l’interview de Éric Haddad
sur notre chaine Youtube ou notre chaîne IGTV

Cultiver le lien en retrouvant Éric Haddad à l'atelier Sérigraphie de Paris à Bagnolet (93), ou sur Instagram : @serigraphie_de_paris