Rencontre avec Meryem Ben Mouaz, co-fondatrice de L'intendance, l'épicerie bio en ligne qui fait rimer zéro-platisque avec kraft, bocaux et consignes. 

Que cultivez-vous ?

On cultive l’art de se passer de plastique au quotidien. Donc on a créé un site pour faire ses courses sans plastique avec un système de consignes pour faciliter la transition vers le vrac et le zéro-plastique au plus grand nombre.

Comment avez-vous commencé l’aventure ?

Au départ, je travaillais plutôt dans un univers assez tech. Et puis à un moment, j’ai voulu concilier mon mode de consommation assez engagé et écologique avec mes aspirations professionnelles. C’est pour ça que j’ai décidé de démissionner de mon précédent job et de créer une entreprise qui soit une innovation d’usage qui donne envie aux gens de passer au vrac et à la consigne, de réduire leur empreinte écologique en fondant L’intendance avec Noélie Demaegdt.

Que peut-on trouver sur votre site ?

Sur notre site, on propose des produits alimentaires, cosmétiques et d’entretien qui sont bios, locaux et zéro-plastique.

Comment sourcez-vous les produits ?

Les produits alimentaires et cosmétiques sont sourcés de façon responsable auprès de partenaires producteurs qu’on appelle au téléphone, qui parfois nous contactent spontanément ou que des clients nous réfèrent. Et puis, on s’entretient avec eux, on essaie de comprendre comment ils travaillent, et suite à quoi, on essaie de trouver une solution pour qu’ils passent au vrac avec nous. C’est-à-dire qu’ils livrent dans des grands conditionnements. Ensuite, nous préparons les produits en fonction de la quantité désirée par les clients. Dans du papier kraft, pour tout ce qui va être sec, et dans des bocaux, bouteilles ou flacons pour tout ce qui est liquide ou humide. 

Pour les objets zéro-déchet comme les shampoings solides, les dentifrices solides, notre but c’est vraiment de les faire adopter du premier coup. Donc, on a essayé tout ce qu’il y avait sur le marché et on a parfois été assez déçues. On a voulu éviter cette déception pour des gens qui n’ont pas l’habitude d’essayer des shampoings solides ou des dentifrices solides par exemples. Donc on a trouvé ceux qui fonctionnent du premier coup et qui ne sont pas trop disruptifs de notre façon de consommer habituellement, pour les proposer sur L’intendance.

Acheter en vrac c’est plus cher ?

Il y a un chiffre qui circule qui dit qu’acheter en vrac c’est 15 à 30% moins cher que des produits pré-emballés à qualité égale. Après, je pense que c’est parce que généralement en vrac, on trouve plutôt des produits qui sont bio, c’est pour ça qu’on n’a pas l’impression que c’est moins cher et qu’on pense parfois que c’est plus cher. C’est juste que ce sont des produits qui sont plus locaux, qui sont plus durables, qui sont bio. Mais ça ne coûte pas plus cher de consommer en vrac. 

Zéro emballage ?

On est 100 % zéro-plastique, livré en vrac de Paris à Nîmes, ça ne peut pas être sans emballage. Donc tout ce qui est sec est dans du papier recyclé et biodégradable et donc compostable. À Paris par exemple, on peut récupérer les papiers kraft des clients lors de la livraison de la seconde commande et nous, on s’occupe de les composter pour les clients ou alors ils le font. Et par contre, tout ce qui va être bocaux, bouteilles, comme les bouteilles de bières, les bouteilles d’eau pétillante, les bouteilles de vinaigre blanc, de miel etc. Eux, lorsqu’on nous les retourne, on rembourse 1€ par contenant rendu. On s’occupe de les laver et de les réemployer par la suite.

Et la livraison, elle est décarbonée ?

Alors c’était très important pour nous de pouvoir proposer une livraison décarbonée dès le départ. On a commencé par une livraison décarbonée à Paris et dans quelques régions limitrophes à vélo. On travaille avec une Olvo qui est une coopérative de cycle logistique qui est structurée en scope avec des supers vélos cargos. Donc la livraison à Paris et dans quelques régions qui sont listées sur le site est complètement décarbonée. Et pour permettre au plus grand nombre de se passer de plastique au quotidien, on a décidé d’ouvrir la livraison à la France et là on passe par plus de 7000 points relais. Donc on sait qu’ils font des efforts là-dessus, mais le système postal français n’est pas encore complètement décarboné.
On fait au mieux !

Comment sensibilisez-vous vos futurs clients au zéro-déchet ?

Déjà on essaie de ne pas les culpabiliser et on explique qu’il n’y a pas de zéro-déchet. Il y a juste à essayer au quotidien de remettre du bon sens, de se poser des questions et de challenger un petit peu ce qu’on consomme au quotidien. Et d’expliquer que le plastique est collecté qu’à 15% pour être recyclé à 5% et tous les plastiques ne sont pas recyclables. Il y a simplement les plastiques un peu épais donc par exemple, des shampoings, des choses comme ça qui, quand ils sont collectés et non pas enfouis ou incinérés, il y en a 10% qui sont effectivement recyclés en France. Le reste, les films d’emballage de houmous par exemple ou les choses qu’on achète un peu au quotidien, ce n’est pas recyclable. Et la manière dont on sensibilise nos clients, c’est en donnant des petites recettes de zéro-déchet pour faire par exemple des pastilles lessive à la maison, pour faire du lave-vitre à la maison, pour faire des choses comme ça. Donc ça c’est des petites recettes qu’on donne dans nos newsletters ou sur Instagram. Donc on les sensibilise en donnant envie de passer au zéro-déchet. 

Portrait de Meryem Ben Mouaz par L’Intendance©

Expliquez-nous votre système de consignes ?

Tous les produits qui sont livrés dans des bocaux, dans des bouteilles ou dans des flacons (par exemple même nos coton-tiges sont conditionnés dans des petits bocaux), le client les récupère. Il peut garder les contenant sans frais additionnels ou choisir de nous les retourner lors d’une seconde commande. À la fin du processus sur le site internet, on dit « Avez-vous des contenants à nous retourner ? », les utilisateurs disent : « On a 2 bouteilles, 3 bocaux à vous retourner cette fois-ci ». Lorsque le coursier arrive, il récupère les contenants vides et nous on se charge de vérifier leur intégrité qu’ils ne soient pas cassés et on rembourse 1€ par contenant rendu. Et en France, le client choisit de nous retourner ses contenants par la voie postale et on rembourse 1€ par contenant rendu.

Quels freins pouvez-vous rencontrer ?

Nous notre principal frein, c’est qu’on n’est pas assez connus et on estime que vraiment on essaie de proposer une large sélection de produits, on a l’impression que nos produits plaisent et qu’on est très transparents sur leur provenance, etc. Donc on a appelé tous nos clients récemment pour essayer de comprendre, ce qui manquait et s’ils étaient assez satisfaits. Il n’y a pas de problème, il y a aucun problème qu’on a noté. On reçoit des supers messages pour continuer de nous encourager. Notre principal frein, c’est qu’on n’est pas assez connus pour le moment.

C’est quoi vos projets de développement à venir ?

Nos projets de développement à venir, c’est d’ajouter encore plus de produits, des sauces, plus de jus, plus de produits du quotidien pour pouvoir se régaler en faisant ses courses sur L’intendance.

Un objet de votre quotidien ?

Mon ordinateur, parce qu’on travaille beaucoup.

Un lieu à nous faire découvrir ?

Je pense par exemple à La Cité Fertile qui est un chouette endroit où il y a souvent des événements assez éclectiques où on peut faire de belles découvertes, des conférences et des événements assez chouettes à La Cité Fertile.

Et pour cultiver le lien, une personne ou un collectif à nous conseiller pour une prochaine interview ?

Je pense à Delphine qui est l’une de nos partenaires qui a fondé les Trois Chouettes, qui sont des condiments et des sauces qui sont délicieuses d’une part et sa mission c’est d’essayer de proposer des condiments qui ne soient pas uniquement tournés vers une alimentation carnée. Parce qu’aujourd’hui quand on voit dans un rayon des ketchups et des moutardes qui sont dédiés à une alimentation carnée. Et elle propose toutes sortes de condiments délicieux. Voilà donc je propose d’interviewer Delphine. 

Vous pouvez visionner l’interview de Meryem Ben Mouaz
sur notre chaine Youtube ou notre chaîne IGTV

Découvrez toutes nos rencontres. 

Cultiver le lien en retrouvant Meryem Ben Mouaz sur son site : lintendance.co ou sur Instagram : @l'intendance.co