Superbe rencontre à La Collecterie à Montreuil (93). Un lieu de partage, de sensibilisation, de récup et de solidarité.

Que cultivez-vous ?

On cultive énormément le partage, c’est un truc hyper important à La Collecterie, avec une mixité qui est juste absolument géniale.

Qu’est-ce que La Collecterie ?

La Collecterie c’est la ressourcerie de Montreuil, une association qui travaille à partir de dons, les gens nous apportent des objets. Notre activité principale est de les gérer, soit de les vendre dans nos boutiques, soit de les réparer puis de les vendre, soit de les utiliser comme supports de sensibilisation au réemploi à tous les publics. On est chantier d’insertion depuis quasiment le début.

Elle existe depuis quand ?

Le lieu où l’on se trouve au 18 rue Saint Antoine a ouvert en 2013.

Vous êtes une structure de l'Économie Sociale et Solidaire, vous nous en parlez ?

A la Collecterie, ça s’exprime en termes de solidarités. Ici il y en a absolument partout, que ce soit vis à vis du public et des bénéficiaires, que ce soit au sein de nos ateliers, des boutiques avec des produits accessibles au niveau des prix, sur nos chantiers d’insertion qu’on accompagne au quotidien, entre nous les salariés etc. La partie utilité sociale est aussi hyper importante, sur la part de sensibilisation qui se passe ici au réemploi, sur l’accessibilité et la démocratisation de toutes nos pratiques.

Un mot sur les ateliers de récup ?

Les ateliers de récup qui me tiennent particulièrement à cœur, et qui occupent mes nuits même, ne sont pas que des ateliers de récup. Ce sont aussi des évènements qu’on porte et auxquels on participe, de grands projets qui s’étalent sur toute l’année comme la Bricothèque, mais aussi des projets qu’on monte avec des scolaires, des centres sociaux, des ehpad, des maisons de quartiers. Le spectre est très large.

La Collecterie : PAïSAN rencontre Myriam

Qu’est-ce qu’un réanimateur d’objet ?

Le réanimateur, c’est un peu le doc de l’objet ! C’est celui qui va lui donner une seconde vie aux objets, celui qui va faire en sorte que ceux qui participent aux ateliers puissent refaire chez eux. C’est réanimer un objet avec les autres pour transmettre des savoirs qui leur permettront de réparer, de retaper un meuble, de consommer autrement. Le fait que le corps s’engage dans cette démarche, c’est parlant, marquant, c’est pour ça que j’adore ce pôle sensibilisation au réemploi.

A la Collecterie, on défend le prix juste ?

Il y a une double réponse que je peux donner. La Collecterie fait d’abord en sorte que le prix soit accessible, alors oui, dans ce sens là, le prix est juste. Après, une problématique est que c’est difficile de donner un prix quand c’est du seconde main. On veut que ce soit accessible et solidaire, mais dire que le prix est juste est un peu compliqué. En tout cas, on essaie de faire des prix les plus accessibles possibles, et d’ailleurs je pense qu’on sous-estime les prix, donc s’il n’est pas juste, c’est plutôt dans ce sens là !

La Collecterie : PAïSAN rencontre Myriam

Qu’est-ce qu’un pnouf ?

Alors, le pnouf ! Il faut savoir que c’est un produit et un outil de sensibilisation phare de la collecterie. C’est un pneu transformé en pouf, d’où cette incroyable contraction ! En gros, c’est de la tapisserie moderne appliquée à un pneu. Encore, c’est un moyen de sensibiliser sur ce que peut représenter le pneu en France par exemple. On le vend depuis le début, et on en fait un atelier, c’est indémodable.

Un lieu à nous faire découvrir ?

Tout de suite j’ai pensé au Fait Tout, dans le quartier La Boissière à Montreuil (93). C’est un lieu magique monté il y a environ cinq ans. Il y avait une espèce de terrain vague au cœur de la cité, et ils ont monté une grande yourte dessus. Tout a été fait en participatif et en collaboratif. A l’intérieur il y a énormément d’ateliers. Une fois par semaine, il y a tout ce qui est aide administrative, que ce soit pour les phobiques ou ceux qui ont du mal avec la langue française. Il y a des ateliers créatifs, de la restauration tous les midis, avec de la nourriture fraîche, et pas chère, c’est vraiment super. Il y a des concerts en été, en extérieur, en fait tu as juste envie de vivre dedans !

La Collecterie : PAïSAN rencontre Myriam
La Collecterie : PAïSAN rencontre Myriam

Ils sont ouverts à tous ?

On a des ateliers le samedi qui sont payants pour les particuliers, puis il y a ceux qui sont subventionnés dans le cadre d’appels à projets, où là ça va être évidemment gratuit pour les bénéficiaires, les fameux ateliers dans le cadre de la Bricothèque. Tout ça bout à bout, les ateliers sont ouverts à tous.

Qu’est-ce que la Bricothèque ?

La Bricothèque c’est un des projets qui s’étalent sur l’année. Le principe est qu’on va pouvoir emprunter des objets, participer à des ateliers pour apprendre à se servir de ses objets qui sont autour du bricolage, c’est toute la partie menuiserie, tapisserie, luminaires et couture. Tout ça pour une adhésion de 10€ à l’année ce qui reste très accessible.

Former et sensibiliser, pour vous c’est essentiel ?

C’est essentiel ! De toute façon, il n’y aura jamais ce fameux changement de comportements auquel on aspire tous dans cette idée d’un monde moins consommateur, plus social et plus solidaire, sans ça. On ne naît pas avec ces conceptions, ces valeurs-là, mais on y aspire en faisant des rencontres, en apprenant.

La Collecterie : PAïSAN rencontre Myriam

Vous récupérez à peu près combien d’objets par an ?

C’est juste énormément ! Les chiffres de 2020 ne sont pas représentatifs, mais en 2019, on a récupéré 224 tonnes d’objets. Ça fait beaucoup de chouchous dans les cheveux !

Collecter, trier, réparer, transformer, sensibiliser… Il manque quoi ?

Peut-être former. Ou partager, transmettre, mais c’est un petit peu dans chacun de ces termes.

La Collecterie : PAïSAN rencontre Myriam

Un lien vers une personne ou un collectif pour une prochaine interview ?

Le Collectif 14. C’est un collectif d’architectes qui a pas mal travaillé dans les bidonvilles. Ils ont réhabilité la parcelle en face de la Collecterie pour la population rom qui y vit. Ils ont fait des tiny houses destinées à des familles de migrants. Dans l’architecture, c’est vraiment un collectif à part, c’est pas genre, ils font leurs petits plans dans leurs bureaux lumineux derrière leur verrière. Eux sont vraiment sur le terrain, ils sont dans le bidonville, ils connaissent vraiment les habitants, je les trouve supers.

A-t-on oublié une question ?

Forcément, mais comme je dois faire de la peinture… Si, qu’est-ce que l’équipe de la Collecterie ? Je pense que c’est une question qui manque, parce que l’équipe de la Collecterie, c’est ses salariés, ses bénévoles, ses stagiaires, ses services civiques. Ça brasse un monde incroyable avec des profils totalement différents en termes de parcours, d’âges, d’origines, tout est assez hallucinant de ce côté là et cette équipe est vraiment importante à la Collecterie.

Cultiver le lien en retrouvant La Collecterie
au 18 rue Saint Antoine et au 34 rue du Capitaine Dreyfus à Montreuil (93)
sur Instagram : @lacollecterie
et sur lacollecterie.org