Des Objets, des Gens, une Épicerie. Cette semaine nous sommes allés à la rencontre de Fanny et Etienne. Ils ont ouvert BON SENS en décembre 2020, une épicerie engagée. Ils portent le tablier PAïSAN et viennent de commander une Poche et une Pochette. Alors nous nous sommes déplacés à Bagnolet (93) pour les livrer (à vélo) et cultiver le lien avec eux.

Que cultivez-vous ?

On cultive un bout de jardin où on habite. Et ici on cultive le lien, le bien et le pérenne avec les clients, producteurs, artisans et fournisseurs. C’est pour cette raison qu’on a souhaité ouvrir une épicerie de proximité.

C'est quoi Bon Sens ?

Un lieu de quartier qui permet de s’alimenter, à emporter mais dès que possible sur place, et en défendant des produits de qualité et de bon sens. Ils font du bien autant à ceux qui les produisent localement qu’à ceux qui les consomment. Épicerie salée, épicerie sucrée, fruits et légumes, œufs, fromages, vins et spiritueux, bière, pain, tout est bio et/ou local, et les plats sont préparés sur place avec nos produits.

Qui sont ces producteurs ?

On travaille avec des producteurs locaux. Et on est allés chercher des produits du terroir uniquement quand c’est nécessaire et quand on a le choix on prend le plus proche. Par exemple pour la bière, rien qu’en Ile de France et particulièrement en Seine Saint-Denis il y a déjà une production très diverse. Pour les fruits et légumes, on travaille avec Le jardin Loupéen dans le Perche, et Fabien Legendre en Essonne, par l’intermédiaire de la coopérative d’Ile de France, pour rationaliser les transports. Le café est torréfié à Montreuil, le pain est bio également et toute la crèmerie vient de la ferme de Yves, la Fromentellerie (Seine et Marne) qui nous livre également la viande chaque semaine.

Respecter et valoriser l'homme autant que le vivant ?

Pourrait-on revenir à un modèle simple avec des gens qui produisent et qui réussissent à en vivre grâce à notre changement de consommation ?! En travaillant localement on voit tous les gens qui travaillent sur nos produits, et tout prend une valeur différente, respectée par les clients. Et quand on discute avec nos producteurs, on ne négocie pas, on achète au prix juste. Il y a aussi le respect animal, par exemple avec le fromage de chèvre, il faut respecter la saisonnalité comme avec les fruits et légumes. Donc le brebis et le chèvre, c’est à partir du printemps sinon cela veut dire que les chèvres sont dans un hangar avec un éclairage électrique.

PAïSAN rencontre BON SENS, une épicerie engagée

Les 5 produits du jour ?

Les fromages de brebis et de chèvre qui arrivent cette semaine. Le vin bio alsacien, Le Petit Beurot de Vincent Stoeffler, dégusté chambré il est comme un rouge très léger et frais c’est comme un rosé. Quand on boit une bonne bouteille de vin d’alsace on se dit qu’on devrait en boire plus ! Les pommes de terre de Fabien Legendre. Le pain du Fournil Ephémère avec de la farine de blé ancien qui vient de Beauce. La bière MIR de Jérôme – Made In Romainville.

La recette du jour à emporter ?

Le Boeuf Bourguignon ou le Bourguignon Légumes mais aussi le sandwich aux betteraves marinées, crème de fromage blanc, fines herbes échalotes, effilé de porc caramélisé dans le pain du Fournil Ephémère. Le tout préparé par Loïc, notre cuisinier aveyronnais.

PAïSAN rencontre BON SENS, une épicerie engagée
PAïSAN rencontre BON SENS, une épicerie engagée
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C’est ce que vous résumez par Ethicurien ?

Oui, on peut se faire plaisir mais sans abimer le reste, savoir cultiver l’attente du bon produit.

Comment ces producteurs avec qui vous travaillez traversent-ils la crise ?

Le circuit de la restauration est très impacté mais certains producteurs, de fromages par exemple, fonctionnent très bien car les gens se font plaisir pour compenser le fait de ne plus aller au restaurant. Par contre pour les petits vignerons qui travaillaient beaucoup avec les salons et les touristes c’est très compliqué.

Autrefois, c'était à Bagnolet et Montreuil que se trouvaient les maraîchers de Paris ?

Oui il y avait aussi les fameux murs à Pêches. Avant le ferroviaire, les villes étaient obligées d’avoir un système d’approvisionnement court donc toutes les banlieues étaient des zones d’approvisionnement agricole.

PAïSAN rencontre BON SENS, une épicerie engagée

Un objet du quotidien ?

Les fleurs de Franck, toujours sur le comptoir, fleuriste rue du Cherche Midi à Paris, il habite à Bagnolet et ne travaille quasiment qu’avec des fleurs françaises, mais il y a aussi le Camion à Fleurs, deux femmes situées à Montreuil qui défendent le retour de la fleur française et la saisonnalité. Nous militons aussi pour le bon verre, celui des Verreries de Bourgogne.

Votre regard sur PAïSAN ?

Il faudrait bien plus d’initiatives comme celle-là ou alors que PAïSAN puisse grandir vite et nous proposer plus d’objets pour notre quotidien ! Et c’est génial d’avoir un journal pour diffuser tous ces messages.

PAïSAN rencontre BON SENS, une épicerie engagée

Un lien vers une autre maison pour une prochaine interview ?

Le Fournil Ephémère de François, à Montreuil (93), ils essayent de produire au mieux, au plus juste, localement et avec du blé ancien.

Avons-nous oublié une question ?

Non, mais nous en avons une : quel est le prochain objet PAïSAN ?!

PAïSAN rencontre BON SENS, une épicerie engagée

Découvrez d’autres lieux et d’autres rencontres.

Cultivez le lien avec Fanny, Alexandre et l’Epicerie Bon Sens - 64 Rue Sadi Carnot, 93170 Bagnoletsur leur site : epiceriebonsens.fr et Instagram @epiceriebonsens