Des broderies, des gens, des lieux. Les petits PAïSAN aiment la broderie alors quand on a découvert le travail de Sandrine Torredemer on a cultivé le lien pour vous la présenter. Toujours inspirée d’images ou de messages, ses fils brodés semblent pouvoir s’animer et c’est sans doute ce qui crée l’émotion.

Que cultivez-vous ?

Je cultive l’ouvrage, un peu comme on cultive son jardin.

Vous brodez depuis l’âge de 5 ans ?

Oui, et je n’ai jamais arrêté depuis. J’ai toujours adoré faire ça et c’est devenu un besoin, c’est mon échappatoire. Je suis une héritière de brodeuses, mon arrière-grand-père était tailleur, mon arrière-grand-mère corsetière, et j’ai récupéré tout leur matériel. Alors j’ai l’impression de transmettre.

PAïSAN rencontre Sandrine La__Filature
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Vous avez commencé par les messages brodés ?

Non, au départ je faisais de la broderie classique, très technique et académique. Et un jour une amie m’a conseillé de me lâcher un peu et c’est vrai que quand vous maîtrisez la technique vous pouvez tout faire.

Combien de temps pour un ouvrage ?

Je brode le soir et le week-end et pour la dernière plage, par exemple, cela représente une cinquantaine d’heures. Cela me plaît de partir sur une longue période avec un ouvrage.

PAïSAN rencontre Sandrine La__Filature
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Toujours un bout de tissu et une aiguille sur vous, plutôt qu’un carnet ?

Oui, mais j’ai aussi un carnet où je note des idées, des mots et quelques phrases attrapées au vol en me disant que j’en ferai peut-être quelque chose. Je travaille avec des vieux tissus, je les recycle, plus c’est usé et plus c’est source d’inspiration. Quand il y a des vagues et de l’écume, j’utilise de la trame de draps élimés.

Quel est le meilleur fil ?

Au départ je brodais avec du fil mouliné et finalement je préfère le fil Retors, celui avec lequel on travaille les tapisseries, il est moins brillant et permet plus de choses.

Beaucoup de scènes en bord de mer ?

Je m’appelle Torredemer donc je suis un peu marqué par le rivage ! Et tout simplement, quand je brode la mer, les personnages qui se baignent, les serviettes, le sable, j’ai l’impression de passer du temps à la mer. Et quand on est confiné c’est une façon de s’évader, cela me transporte.

On a l’impression que vos personnages et la nature qui les entourent vont s’animer.

Cela évoque les films construits avec de la pâte à modeler. C’est un média primaire qui peut transporter de l’émotion. Mais avec du fil et des tissus.

Vous partez toujours d’une photo ?

Oui, à partir de mes photos ou celles de mon compagnon, mais aussi beaucoup à partir de photos éditées dans le magazine M dont je suis fan.

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Vos projets en cours ou à venir ?

J’ai commencé un ouvrage sur les baraques de migrants dans un sous-bois. Ils ont aménagé des baraques avec des planches, du linge.  J’y vois un lien entre les bouts de tissus que je récupère et ce qu’ils utilisent pour s’abriter. Je suis très sensible aussi à ces scènes et à l’architecture vernaculaire.

Et une exposition à l’Atelier PAïSAN ?

Oh oui avec plaisir ! Le projet PAïSAN m’a séduite car je le trouve très actuel. En ce moment, c’est la fin des soldes et on a un dégoût, on n’a plus les moyens de faire comme ça. Alors oui, on achète des serviettes de table et on les lave. Vous défendez vraiment un retour à l’essentiel et nous devons être convaincus que c’est l’avenir.

PAïSAN rencontre Sandrine La__Filature
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Un objet de votre quotidien ?

Mes ciseaux.

Un lien pour une prochaine interview ?

@colette_et_la_cigogne, un art minimaliste qui me plait.

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Cultivez le lien en retrouvant Sandrine Torredemersur instagram @La__Filature